Un déversement de pétrole dans l’Arctique canadien pourrait être dévastateur pour l’environnement et les peuples autochtones, selon une étude –

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  • Le taux croissant de fonte des glaces dans l’Arctique en raison de la hausse des températures mondiales a ouvert le passage du Nord-Ouest (NWP) à plus de trafic maritime, augmentant le risque potentiel de marée noire et d’autres catastrophes environnementales. Une nouvelle étude publiée dans la revue Analyse de risque suggère qu’un déversement de pétrole dans l’Arctique canadien pourrait être dévastateur, en particulier pour les communautés autochtones vulnérables.

    « L’infrastructure le long de la PNT dans l’Arctique canadien est presque inexistante. Cela présente des défis majeurs pour tout effort d’intervention en cas de catastrophe naturelle », déclare Mawuli Afenyo, auteur principal, chercheur de l’Université du Manitoba et expert sur les risques de l’Arctique expédition.

    Afenyo et ses collègues ont développé une nouvelle méthode qui pourrait aider les gestionnaires à prédire le risque de polluants résultant d’une activité maritime accrue. L’article décrit comment ils l’ont utilisé pour évaluer les impacts socio-économiques d’un éventuel déversement de pétrole dans la région de Rankin Inlet, dans l’Arctique canadien. Cette zone est une plaque tournante régionale critique pour la navigation dans l’Arctique où le trafic est en augmentation depuis 2010. Pour leur analyse, les chercheurs ont simulé les conditions de la catastrophe de l’Exxon Valdez en 1989, lorsqu’un pétrolier a déversé 11 millions de gallons de pétrole dans le détroit du Prince William en Alaska. . Il convient de noter qu’un déversement de pétrole de l’ampleur de l’Exxon Valdez ne s’est pas produit à Rankin Inlet; cette étude est une simulation pour projeter l’impact potentiel d’un tel déversement.

    “L’une de nos principales conclusions était que l’impact socio-économique négatif d’un déversement de pétrole dans l’Arctique s’accélère rapidement avec le temps s’il n’y a pas d’intervention”, explique Afenyo. “Notre étude a également montré qu’un déversement de pétrole dans cette région a de graves impacts sociaux – affectant la dynamique familiale, les traditions de chasse et la culture des communautés autochtones vulnérables.”

    Le nettoyage d’un déversement dans l’Arctique est différent de celui dans d’autres parties de l’océan en raison de la nature rude de l’environnement et de l’éloignement de la région. Le pétrole d’un déversement peut se déplacer sous la glace, entre la glace, être absorbé par la neige et s’encapsuler dans la glace. Cela rend les efforts de réponse et le suivi à long terme difficiles et coûteux.

    À l’aide de deux modèles d’évaluation des risques différents, les chercheurs ont évalué la probabilité et les conséquences d’un déversement de pétrole à Rankin Inlet. Pour estimer la probabilité, ils ont examiné les incidents passés et les rapports scientifiques sur les déversements de pétrole et ont également interrogé des scientifiques, des fonctionnaires, des spécialistes des assurances et des titulaires de droits qui vivent ou travaillent dans l’Arctique.

    Pour estimer les conséquences d’un déversement, ils ont utilisé un modèle à plusieurs périodes pour prédire les impacts socio-économiques sur une période de cinq ans si aucun effort de récupération n’était mené – l’un des scénarios les plus probables pour cette zone sur la base des conditions actuelles. “Cette analyse du pire scénario donne aux décideurs la possibilité de mettre en place une intervention qui aidera à atténuer les risques au strict minimum”, a expliqué Afenyo.

    Toutes les conséquences d’un déversement potentiel ont été intégrées dans un diagramme d’influence pour aider les gestionnaires à évaluer le risque de déversement en dollars américains. Il comprend des impacts tels que la destruction de la flore et de la faune et la perturbation de la chasse et de la culture pour les communautés autochtones de la région. Au cours de la première année suivant le déversement à Rankin Inlet, le coût sans intervention a été estimé à 500 millions de dollars. À la cinquième année, ce chiffre atteignait 7,5 milliards de dollars.

    “Notre méthode est très complète car elle utilise à la fois des intrants qualitatifs et quantitatifs et peut être utilisée pour évaluer non seulement les impacts socio-économiques mais aussi les conséquences environnementales”, explique Afenyo. Il ajoute qu’il peut servir d’outil de prise de décision pour les décideurs, les compagnies d’assurance et les institutions gouvernementales responsables de l’évaluation des risques et des interventions d’urgence.

    Dans leur analyse, les chercheurs ont identifié un besoin urgent de développer un bon réseau de communication entre les nations autochtones de la région, le gouvernement fédéral canadien et les entreprises cherchant à y travailler. « Le défi consistera à déterminer comment le gouvernement fédéral canadien devrait collaborer avec les peuples autochtones pour réagir rapidement à un déversement de pétrole », a déclaré Afenyo.

    Dans des recherches futures, l’équipe prévoit de développer une application pour aider les décideurs à évaluer les impacts socio-économiques des déversements maritimes dans l’Arctique et à examiner comment différentes réponses politiques pourraient minimiser les impacts négatifs de ces déversements. Cela aiderait les assureurs maritimes à développer des outils pratiques pour aider à calculer avec précision les primes de risque et d’assurance pour les navires voyageant dans l’Arctique. Le tout nouveau Churchill Marine Observatory sera une importante source de données pour améliorer encore la précision du modèle.

    L’article est co-écrit par Changmin Jiang de la Asper School of Business de l’Université du Manitoba et Adolf KY Ng de la Division des affaires et de la gestion de la Beijing Normal University-Hong Kong Baptist University United International College (Chine). La recherche conjointe sino-canadienne fait partie du projet GENICE (Microbial Genomics for Oil Spill Preparedness in Canada’s Arctic Marine Environment) dirigé par l’Université du Manitoba et l’Université de Calgary.

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