Le mouroir de l’informatique et du PC

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  • A cause d’une mentalité qui n’a pas évolué, d’un public qui change et d’une incompréhension totale de la technologie, l’informatique s’entête dans son mouroir.


    A cause d'une mentalité qui n'a pas évolué, d'un public qui change et d'une incompréhension totale de la technologie, l'informatique s'entête dans son mouroir.

    On pensait que les années 1990 et 2000 étaient derrière nous, mais quand vous regardez l’informatique d’aujourd’hui, c’est terrible de voir une fuite en avant à chaque année qui passe et un secteur qui refuse de voir qu’il est déjà mort. Avec l’avènement de Youtube, les reviewers ont explosés. Tout le monde veut avoir sa carte graphique RTX 3090 gratis, même si ce n’est jamais gratuit. Mais tout ce secteur est dans une impasse, car la puissance de calcul est largement suffisante, les composants sont plus que performants et un ordinateur que vous achetez 500 euros, va durer 5 ans sans aucun problème.

    Toutefois, le secteur actuel que ce soit celui du CPU, de la RAM, des disques durs et du GPU continue à sortir de nouvelles cartes tous les mois et une “révolution technologique majeure” tous les ans. Une carte graphique 1080 est largement suffisante pour la plupart des jeux actuels. Et les “passionnés” de technologie, un mot pour traiter les pigeons et autres crétins qui n’ont pas grandi depuis les années 1990, continuent de se branler et d’éjaculer à chaque puce effrontée qui sort la tête par la porte des usines.

    Le secteur des jeux vidéos, immature à l’extrême, est l’une des explications de cette impasse constante sur les 20 dernières années. Ce qui est terrible est que les médias et les reviewers ne comprennent ou ne veulent pas comprendre qu’ils parlent à un public dont la priorité est de trouver le meilleur congélateur, la meilleure garderie ou la meilleure ville pour leurs enfants.

    Nous avons inventé l’informatique actuelle. Par nous, je parle de ma génération, la génération 80, qui s’est ruiné comme pas possible, d’abord sur les bornes d’arcade. Je me souviens d’une salle de mon enfance, appelée le Bilboquet, où je passais tous les après-midi de libre et où je claquais tout mon argent de poche. Des graphismes pourris, mais on adorait ça. Les jeux qui étaient sur ces bornes sont la racines des éditeurs actuels qui valent plusieurs milliards de dollars aujourd’hui.

    Quand le jeu vidéo a débarqué sur le PC, ça a été la course à la puissance de calcul. Dans les années 2000, il fallait acheter une nouvelle carte graphique pour chaque nouveau jeu qui sortait. C’était les merdes habituelles comme les FIFA ou un nouveau Tom Clancy. Mais ce n’était pas un problème, car les jeux dignes de ce nom mettaient un ou deux ans à sortir et donc, l’investissement était justifié pour une nouvelle carte graphique. Aujourd’hui, la poubelle appelée Steam sort 100 jeux par semaine et même les titres promus par les médias et autres crétins des jeux vidéos comme Cyberpunk sont buggés comme Macron qui fait une interview après une bonne ligne de coke.

    A partir de 2010 et surtout de 2015, deux choses se sont produites. La puissance des cartes graphiques et des CPUs sont devenus trop puissantes pour la majorité des besoins. Et on laisse aux faible d’esprit le soin de dire que “moi, j’ai besoin d’une carte à 1500 euros” parce que j’ai besoin de jouer en Ultra. Non mon cochon, t’as surtout besoin de te soigner pour ton glaucome, car si t’as besoin de jouer en 4K en ultra pour avoir une bonne expérience de jeu, c’est que t’es aveugle.

    A partir de 2016, les processeurs Ryzen vont encore accroitre la stabilité du secteur. Une excellente puissance et une bonne longévité des processeurs. Mais comme tous les fabricants de composants informatiques sont cotés en bourse, le résultat et l’évolution du secteur ne comptent pas, il faut constamment vendre ou donner l’impression de le faire. Le marché ne regarde pas la réalité, il a sa propre réalité et fantasme sur une croissance infinie.

    Il y a quelques années, Nvidia avait eu le double de ses bénéfices prévus et son action a dévissé de moitié. Les investisseurs attendaient un quadruple de ses bénéfices. Ce type de marque n’a pas besoin de vendre ces produits, elle a besoin d’en donner l’impression au marché et l’équation des reviewers est donc cruciale. Du moment que le marché considère qu’une marque est très médiatisée, alors il ne regarde pas les résultats réels. Il faut se signaler partout et les reviewers sont les parfaits courroies de transmission de cette propagande qu’il faut absolument que vous achetiez un nouveau PC en 2020, ensuite en 2021, ensuite en 2022, ensuite en 2023 et ainsi de suite.

    Chaque semaine, de nouvelles cartes mères, CPU et GPU viennent polluer le marché. Et les reviewers qui ont plus de confiance que les médias, totalement corrompus, se remplissent les poches et les étagères. On a un triangle d’arnaque qui s’alimente de lui-même, les marques donnent des produits aux reviewers qui incitent les pigeons à acheter encore et encore plus.

    Quand ma génération était jeune, on s’est ruiné pour que le PC devienne ce qu’il est aujourd’hui. Aujourd’hui, la génération 80, comme moi, va sur ses 40 ans et on a d’autres priorités. Même si je suis célibataire et que je n’ai pas d’enfants, ma priorité est de trouver la meilleure farine pour mes pizzas et si je vais encore manger dans 10 ans quand je serais proche de la retraite. Toutefois, les entreprises de l’informatique continuent toujours de nous viser, nous, pour qu’on se ruine dans leurs composants de merde.

    Et les reviewers plongent dans l’arnaque. L’exemple le plus frappant est qu’ils vous déconseillent d’acheter un PC en grande surface parce que “ce n’est pas suffisamment optimisé”. Traduction : “Ce n’est pas les composants ultra-chers qu’on promeut à longueur de journée, donc, vous cassez notre business”.

    Aujourd’hui, la nouvelle génération se fout totalement d’acheter un PC de la mort qui tue. Et pour des gens comme moi, si 5000 euros leur tombait dessus par magie, alors l’achat d’un nouveau PC serait le dernier souci. On a plein de composants alors qu’il n’y a aucun consommateur pour les acheter. Les jeunes actuels ont changé radicalement leur rapport à la technologie, c’est la génération des Smartphones, car la majorité du temps, ils passent leurs temps à jouer à des jeux débiles et occasionnels.

    Ce n’est pas un hasard si les deux jeux les plus populaires actuels sont Fortnite et Minecraft. Un PC vieux de 10 ans peut faire tourner Fortnite, il est gratuit et on peut jouer des heures dessus. Les quarantenaires jouent à Fortnite, j’en connais beaucoup et ce n’est pas une version avec cheveux grisonnants des ados prépubères que nous étions, mais simplement, qu’ils jouent avec leurs enfants. C’est des pères de famille dont le rapport à la technologie n’a rien à voir alors que les sociétés d’informatique pensent toujours à eux comme des adolescents qui sont assez cons pour dépenser tout leur fric sur des composants.

    Le monde a aussi changé. A l’époque, le jeu sur PC était la seule distraction possible. On n’avait pas d’internet, pas de Twitch et mille autres plaisirs qui captent notre attention à chaque instant. Nous sommes trop occupés pour nous amuser pendant des heures. Je reprends l’exemple de Cyberpunk et finalement, la jeune génération s’en fout, elle était beaucoup plus hypée par la nouvelle saison de Fortnite. Les médias des jeux vidéos ont aussi sombrés.

    Quand vous prenez un journal comme Canard PC, le spectacle est assez pathétique. Des vieux de 40 et de 50 ans qui jouent à des jeux sur Twitch et qui tentent de vivre dans une époque qui est déjà morte. Comme le PC, le jeu vidéo classique est un mouroir. Car les cadres, les développeurs et les dirigeants des éditeurs de jeux vidéos sont aussi de la génération 80. Une génération dont le leitmotiv est qu’il faut en chier pendant des mois sur un jeu et cela a formaté notre mentalité qu’un jeu facile est pour les tarlouzes et que seuls les gros mâles bien couillus peuvent jouer à de vrais jeux.

    Un jeu m’a marqué à jamais et c’était les Schtroumpfs sur Super NES. Des graphismes de bande dessinée, une bande-son exceptionnelle, mais la difficulté était comme manger un plat de gras de boeuf après avoir avalé une dinde de 9 kg. Chaque niveau était une torture, mais le niveau final était une monstruosité. Vous deviez vous battre contre Gargamel, un oiseau volait au dessus vous lançant des projectiles et vous aviez une balancoire entre vous et le méchant sorcier. Et à cette époque, pas de Youtubeur pour vous donner la soluce, il fallait sa bite d’ado de 12 ans et son couteau.

    Je suis mort des milliers de fois, mais j’ai fini par comprendre. Vous deviez vous poser sur l’un des cotés de la balancoire et faire en sorte que l’oiseau vous balance son projectile juste sur un des cotés de cette balancoire. Vous deviez ensuite sauter de l’autre coté pour envoyer le projectile sur Gargamel. Il m’a fallu 3 jours pour le battre et à la fin, j’ai littéralement joui. J’avais terminé l’un des jeux les plus difficiles dans l’histoire de la Super NES. Le problème est que la plupart des éditeurs de jeux n’ont pas grandis depuis qu’ils ont battus Gargamel. Ils pensent toujours que le jeu est réservé à des mâles bien couillus qui ont 10 heures à passer par jour parce qu’ils sont en échec scolaire et que leur famille est en éclatement moléculaire.

    Ils ont facilité le jeu par la suite, mais les codes restent les mêmes. Toujours viser le même public grisonnant alors qu’aujourd’hui, la majorité des joueurs sont des joueuses. Les femmes ont pris le pas sur les jeux, mais c’est sur mobile. Et les médias et les vrais joueurs ont un terme pour ça, les “jeux casus”. Un casu qui représente 24 milliards de dollars par an. Que ce soit dans le métro, dans les salles d’attente ou en public, vous verrez toujours les femelles qui sont fourrés dans des jeux casu.

    Le PC a évolué pour faire face à la demande toujours plus exigeante des jeux vidéos. Cette demande a été satisfaite il y a 10 ans et aujourd’hui, on ne sait plus quoi inventer pour inciter une génération vieille et essorée à sortir le portefeuille. Plutôt que de se remettre en question, les reviewers font le contraire. Leur Benchmarks ressemblent à des analyses pour trouver le Boson de Higgs, ils s’enfoncent dans la fange du score alors que tout le monde s’en bat les couilles. Pour les consommateurs actuels, tout ce qui est compte est si ça marche et combien d’années son PC va durer avant qu’il n’aille acheter le premier modèle venu chez Auchan.

    L'équipe de Comparaland

    Rédacteur web depuis 2009 et webmestre depuis 2011.

    Je m'intéresse à tous les sujets comme la politique, la culture, la géopolitique, l'économie ou la technologie. Toute information permettant d'éclairer mon esprit et donc, le vôtre, dans un monde obscur et à la dérive. Je suis l'auteur de plusieurs livre

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